Tout n'est pas sombre
Friday, November 23, 2007
Wednesday, November 21, 2007
Questions réponses sur une échéance
Question: les libanais attendent avec une perversité de moutons que la guerre recommence et ils se demandent si elle durera longtemps.
Réponse: un jour après l'autre, comme la dernière fois.
Question: à quoi la reconnaîtrons-nous?
Réponse: ce ne sera peut-être pas si facile. Elle n'a jamais vraiment cessé sous d'autres formes. Une occupation, un pillage en règle, un business de guerre au Sud, des assassinats ... Reconnaissons que nous ne tomberions pas de bien haut.
Question: la guerre peut-elle être évitée?
Réponse: les guerres sont commencées quand une partie pense qu'elle est gagnable. Notez bien l'usage du verbe "penser". Pensez-vous que que Nasrallah a pensé avant de commencer sa guerre de juillet 2006? Il a lui-même reconnu que non. Pensez-vous que les libanais pensent et si oui qu'ils pensent bien? Je suis au regret de vous dire qu'au Liban la pensée est obscurcie par le hummous, le narguilé et l'arak et qu'il existe des humanoïdes qui en consomment tous les jours et qui pensent naturellement qu'une guerre civile est gagnable.
Question: que faut-il faire si on se réveille un matin avec des miliciens Hezbollah sous l'immeuble.
Réponse: leur offrir le café.
Question: qu'est-ce qu'un compromis sur les armes du Hezbollah?
Réponse: avant tout, demander à deux boîtes d'audit internationales (Nasrallah a confiance en elles) d'auditer le stock de missiles. Ensuite, essayer d'obtenir que le Hezbollah se départisse d'une quantité raisonnable de ses jouets, pourquoi pas d'ailleurs au profit des autres parties afin d'équilibrer la partie. Un Hezbollah avec je ne sais pas moi ... douze mille missiles au lieu de vingt mille, ce serait un pas dans la bonne direction, ne trouvez-vous pas?
Question: quelle est votre solution pour sortir de la crise autour de la présidentielle?
Réponse: que les députés de la majorité élisent Aoun à 50+1
Question: quelle retraite pour Emile Lahoud?
Réponse: Cet homme si actif ne survivrait pas à l'oisiveté. En tant qu'ex amiral et nageur émérite, sa transformation en torpille humaine destinée à couler un bâtiment de guerre israélien serait un honneur à la mesure de son courage et de ses talents.
Friday, October 26, 2007
C’est la guerre!
La guerre contre le terrorisme bien sûr! Et le Liban a choisi de la mener de manière entièrement neuve, par de la publicité destinée aux terroristes eux-mêmes! La légende dit: “la place du terrorisme n’est pas parmi nous” et c’est signé “Farces de Sécurité Intérieure”, les mêmes qui patrouillent discrètement en énormes 4x4 illuminés comme des arbres de Noël, à quatre par voiture dont trois en train de roupiller.
Les américains n’avaient qu’à y penser avant d’envoyer des centaines de milliers d’hommes en Afghanistan et en Irak. Encore une fois, les libanais montrent leur grande combativité, leur belle liberté de ton et, par cette vraie avancée de la guerre assymétrique, l’extraordinaire originalité de leur pensée militaire. À quand les exorcismes anti terroristes?
En vrac ...
Y en a vraiment assez de ces palabres interminables qui bloquent tout, de la véritable guerre qu'on se livre chez nous pour mettre un abruti plutôt qu'un autre à la manette du jeu vidéo 8 bits qu'est devenue la présidence de la République libanaise. Alors je change de registre en bâillant, et deux fois plutôt qu'une ...
L'autre jour, j'ai su qu'il pleuvait en sentant la pluie et ça m'a rendu sincèrement heureux. Je crois bien que c'est l'odeur la plus agréable du monde et je ne la sens jamais aussi bien qu'à Beyrouth. Mais c'était il y a trois semaines, et depuis, Il fait étouffant, l'eau courante n'est distribuée que de loin en loin et les gens se font livrer des citernes. Ça n'empêche pas les concierges, les responsables de parking et tout le petit monde zélé de ceux qui veulent se faire bien voir des gens dont ils entretiennent les biens, de continuer à arroser consciencieusement le trottoir ou la chaussée en face de leur poste de travail. Tant qu'ils seront là, la saleté ne passera pas. Les circonstances engendrant les dictons, je découvre qu'il y en a un de saison, tout prêt mais que je n'avais jamais entendu: "entre octobre et novembre, un nouvel été". Avec le réchauffement climatique, décembre risque bientôt d'en chasser novembre. Je ne serais pas étonné que la saison des sports d'hiver perde bientôt un bon mois.
Comme je n'aime pas trop faire usage des sacs à crotte, autant par dégoût que parce que quand je le fais, je sens qu'on me regarde comme on a pu regarder Mère Teresa, mon vieux chien doit marcher de plus en plus pour se trouver un terrain vague: dans mon quartier, tout se construit et se vend (paraît-il) à des prix de rois du pétrole. De moins en moins de places de parking, de moins en moins de vieux immeubles de trois ou quatre étages, abattus pour laisser la place à des habitations plus rentables, de moins en moins de lumière et d'espaces à peu près verts. Pourquoi faire en effet? On est si bien chez soi ma chère, n'est-ce pas? Sous la douche l'autre matin, j'ai eu l'idée de me demander si les libanais, naturellement inquiets de la valeur de leurs biens immobiliers, ne pourraient pas être intéressés à les valoriser davantage, en achetant par exemple des droits d'entrée à des jardins semi privés accolés à la propriété, un peu comme à Londres, l'entretien pouvant très bien être assuré par la municipalité. Concrètement, je pense à un terrain de près de six mille mètres carrés en face de chez moi, en instance de construction colossale. J'appelle des amis qui sont dans l'immobilier pour leur demander leur avis et il tombe sec comme une liasse de dollars: quatre mille dollars le mètre carré, près de vingt-cinq millions de dollars ... Les riverains devront se passer de jardin.
Tuesday, October 23, 2007
Coquetterie et politique
Journées intéressantes pour la bataille pour le poste d'eunuque à Baabda. Se rendant compte que son passé anti syrien est décidément trop lourd pour ses nouveaux alliés et qu'après l'avoir entièrement décrédibilisé chez quiconque a les moyens de ne pas compter sur le Hezbollah pour survivre, ils ne l'appuient même pas dans sa candidature, Michel Aoun fait donner la diplomatie avec ses anciens alliés objectifs.
Mohamed Fneich, ex ministre des ressources hydrauliques et Hezbollahi a en effet poussé l'avanie si loin aujourd'hui en déclarant que "Michel Aoun était le seul candidat déclaré de l'opposition" que son boss, pour sauver les apparences, a rapidement fait savoir au Patriarche Sfeir que Michel Aoun était le seul candidat de l'opposition point barre.
Que faut-il comprendre?
À mon avis, le Hezbollah se rend compte que tous les libanais à part ceux qui lui sont inféodés veulent un président qui ne laissera pas tomber le tribunal international. Il se rend compte aussi que cette affaire lui échappe maintenant complètement. Il pose ainsi Michel Aoun en candidat de compromis parce que la vraie bataille sera en tous les cas ailleurs:
Si un candidat du 14 mars est élu à la majorité simple, le pays sera plus que jamais au bord d'une guerre civile pas nécessairement contrôlée par la hiérarchie et les membres de la majorité le savent bien. Ils savent aussi que Michel Aoun a déclaré plusieurs fois son attachement au tribunal et qu'ils ne sont pas très éloignés de lui sur le traitement à réserver à la 1559. Michel Aoun est donc le candidat de compromis de façade objectif. Mais il ne convient pas aux syriens qui le feront savoir certainement très vite et très fort aux libanais en général et aux chrétiens en particulier. S'il est élu ou même seulement déclaré candidat de compromis, il faut s'attendre à une recrudescence énorme des attentats contre des personnalités politiques (dont et surtout lui d'ailleurs) et aussi à des attentats purement terroristes. C'est la seule alternative à une certaine forme de guerre civile qui nous est donnée et il n'est pas impossible qu'elle soit alors exécutée dans l'intérêt si souvent convergent des extrêmistes de tous bords.
Mais il est aussi possible que la majorité actuelle choisisse de passer en tous les cas en force justement parce qu'elle fait ce calcul et qu'elle ne voit pas d'avantage particulier à se désister au profit d'un Michel Aoun largement déplumé en termes de popularité, seulement pour éviter quelques coups de feu tout en perdant l'appui déjà ténu des américains.
Les choix sont maintenant très clairs: déstabilisation par les extrêmistes des "Forces Libanaises" ou du "PSP" en cas de candidat acceptable par la Syrie, déstabilisation par la Syrie et peut-être par les mêmes PSP et FL si Aoun est déclaré candidat de compromis et enfin déstabilisation par conflits internes plus ou moins spontanés puis par les syriens si un candidat du "14 mars" est élu. Si j'étais du "14 mars", je ne choisirais que la troisième possibilité. Cela dit je reconnais qu'en termes d'avantages réels sur le terrain, ce n'est sans doute que de la coquetterie. Mais au moins c'est honorable.
Le mieux, l'impossible, la seule vraie chance du pays et la seule vraie possibilité de rachat pour Aoun serait qu'il appuie un candidat du "14 mars" vaille que vaille, que le Hezbollah soit enfin complètement isolé et qu'au moins, s'il doit y avoir une guerre, qu'elle se fasse contre lui.
Rien de bon.
Friday, October 12, 2007
1h30 du matin ...
Le bonheur des libanais célébrant la fête extraordinaire du Fitr exigeait que je sois réveillé. C'est chose faite. Les célébrants ont balancé assez de poudre pour lancer un petit satellite qui aurait pu porter une carte de voeux à l'Éternel et son armée d'anges admirables.
Mais, dans la moiteur insupportable de Beyrouth ces temps-ci, c'était des coups à blanc, des feux d'artifesse, destinés à réveiller les mécréants avinés et à faire hurler leurs chiens immondes (je confirme: nous ne sommes pas près d'oublier mon chien et moi) et, à mon avis de mécréant tout juste bon à être exécuté, à faire lever les yeux d'Allah au ciel (le fameux septième?), encore plus haut , vers le lieu de villégiature qu'il s'est aménagé pour le jour infâme où il faudra bien que les humains méritants rappliquent avec armes et bagages.
Parce que Allah, c'est pas un hôtelier. Ça va, il vous fait le jugement dernier, il fait un clin d'oeil à ses videurs pour qu'ils vous laissent passer même si vous n'avez pas l'air très catholique, il alimente le feu qui fait rôtir vos ennemis, il vous fait accueillir comme on vous l'a promis (si vous êtes une femme je ne sais pas, vous êtes au mauvais guichet ici) mais après il se casse. Pas fou Allah. Hasta la vista babe et hop sur sa moto! Peut-être d'ailleurs que son plan est d'emmener les femmes terriennes avec lui, qui sait?
Saleté de libanais qui ne s'éclatent que dans l'explosion, retardés mentaux qui tirent en l'air pour un oui ou pour un non, j'attends avec impatience la guerre à laquelle vous semblez rêver pour vous foutre de vrais projectiles dans le lard.
Si seulement on me livrait la pétoire "pour dummies" avec plomb pour gibier de taille moyenne que je me suis commandé. Tiens ça s'est calmé, Bobonne me rappelle. Bonne nuit, bonne fête et Shabbat shalom à tous!
Monday, October 08, 2007
De quoi on parle?
En gros, les contestants qui comptent sur la scène politique libanaise sont les pro Khaddam et les pro Assad de la première heure, haririens et mikatiens, pouvoir et pognon pour les assassins, prébendes pour les sous-fiffres milliardaires. Entre eux j'ai choisi une seule fois: c'était ma ligne Cellis (Assad et complices), achetée $500 comme coût de basculement au cas où l'idée stupide de passer à la concurrence (Khaddam et complices) elle-même aussi comme par hasard à $500 la ligne m'était passée par la tête.
Quand après un racket de près de dix ans un gouvernement de haririens a richement compensé les racketteurs c'est à dire les amis et les rivaux (dans ce monde, pas de sang en affaires) au lieu de dénoncer des contrats léonins comme signés sous la pression de l'occupation, j'ai compris qu'ils avaient érigé le conflit d'intérêt en système de gouvernement et qu'on ne pouvait en attendre rien de bon.
En perpétuant le pillage après l'occupation, ces khaddamiens ont offert un angle d'attaque inespéré aux voyous du Hezbollah, pourtant sacrificateurs cyniques du sang et du travail des chiites par les ponctions sur leurs vies justifiées par leur simulacre de résistance et par leur couverture politique du pillage des petits salaires essentiellement chiites par les journaliers syriens au nom des priorités stratégiques.
De surcroît, cette mise au chômage "stratégique" par le Hezbollah de ses propres ouailles maintenant dépendantes donc acquises était partiellement compensée par leur embauche forcée et massive dans tous les secteurs de l'État, source majeure des déséquilibres et de la dette actuels, tout comme la perpétuation de l'état de guerre et les reconstructions permanentes que leur business syro-iranien exigeait. Malgré sa scélératesse, le maintien aux affaires des haririens et la perpétuation de leurs magouilles permettait au Hezbollah de les accuser seuls du pillage de l'État, comme s'il n'en avait pas profité ni ne l'avait couvert.
Dans cette affaire, s'acharner à déterminer les vraies responsabilités, c'est comme analyser les merdes de grands fauves, de hyènes et de vautours après le dépeçage pour une fois en bonne entente d'une énorme carcasse, afin de déterminer qui en a le plus profité. On peut aussi regarder les bedons, les proprietés immenses, les bagnoles, on peut regarder Nabih Berri, on peut regarder Emile Lahoud dont le fils s'est mis au frais avec la caisse ...
J'allais oublier Geagea et Aoun, respectivement taulard et exilé pendant le festin, tous deux, surtout le premier, forcément innocents pendant cette période mais au passé antérieur si lourd qu'il fallait aussi con que les chrétiens libanais pour les plébisciter pour que ça reparte comme en 1989.
Voilà le tableau de ceux qui comptent à peu près dans le paysage "politique" libanais, essentiellement parce qu'ils ont le pognon, les armes, ou les deux.
Et il faut choisir et recommander de choisir et militer parce que c'est ce qu'il y a. Les affamés du monde entier qui grattent les décharges pour manger ne pensent pas aux grands restaurants et ils savent que souvent, dans ce qu'ils s'apprêtent à mordre, des microbes sont tapis et pourraient les emporter, eux et leurs familles. En la matière, nous évoluons sur la décharge de la politique, sur les restes d'un pays, au milieu d'une société malade de son imbécilité, de ses égoïsmes, de sa méchanceté, de sa pauvreté morale et matérielle, de sa saleté physique et morale ...
Alors?
Avant tout, ce que je ferais dans le pire des cas, c'est à dire une guerre: je prendrais un flingue et je tirerais un coup devant, un coup derrière, puis à gauche, puis à droite et youpi! J'en rêve depuis longtemps.
Mais il se pourrait qu'il n'y ait pas de guerre. On ne peut pas tout avoir. En fait, c'est vrai que les têtes brûlées ne manquent pas dans le trou qui nous tient lieu de pays et que le potentiel est largement là au niveau individuel; mais 1975 ce n'était pas ça; ce n'était pas la guerre de tous contre tous dont je rêve: c'était une guerre gagnable, un vrai "slam dunk" pour les palestinomachins. Aujourd'hui quel avantage décisif à emporter sur le terrain à part pillages et règlements de comptes opportunistes? Aucun. Rien à gagner pour aucun camp. Rien. Nothing. Nada. Zilch.
Avant tout, procéder par élimination: quelle est l'entité dont la survie est incompatible avec celle d'un Liban préservant au moins certaines de ses qualités comme l'ouverture sur l'occident (parce que quoi qu'on raconte, l'alternative arabo-perse sent les pieds - j'ai l'impression que ce trait d'esprit n'est pas de moi), le laisser-aller méditerranéen, la petite corruption conviviale, un vrai libéralisme éducatif? Quelle est l'entité qui vit de la guerre et de l'argent de ceux qui la lui commandent, qui passe son temps à pointer du doigt toutes les autres, qui maquille des désastres en cadeaux d'Allah tout en les attribuant froidement aux autres? Je vous le demande mes amis, je vous le demande. Cette entité-là je la rejette comme la pire des catastrophes possibles, comme la merde énorme d'un pachyderme gigantesque et qui nous empêchera bientôt de voir le soleil, comme la première crotte après une longue constipation. Les métaphores me manquent.
Et après? Commençons par cela. L'erreur fondamentale des crapules pro Khaddam dont Joumblatt et consorts a été de transiger avec lui pendant les élections de 2005 afin de battre Aoun qui menaçait de les envoyer en taule; celle des orange a été de signer avec lui une ânerie d'accord, pour le plaisir de signer et le bonheur de trouver un créneau. L'erreur aujourd'hui serait de lui reconnaître un statut incontournable alors que la priorité est de le combattre par tous les moyens pacifiques et militaires s'il le faut, avant tout en offrant des alternatives aux chiites, par l'éducation, par les soins, tout ce que le Hezbollah leur vend contre leur sang.
Le combat contre le Hezbollah pour en détacher les chiites est le combat prioritaire pour sauver le pays. Celui pour la laïcité, la paix avec Israel, la naturalisation du reliquat de palestiniens et surtout l'État de droit est le deuxième. Les objectifs de ce deuxième combat doivent unir ceux qui mènent le premier faute de quoi il n'en vaudra certainement pas la peine. Voilà la quadrature du cercle à laquelle nous sommes confrontés.
Sunday, October 07, 2007
Banalisation de l'outrance
On n'y prête même plus attention. Il faudrait créer un observatoire de l'outrance, un log, un baromètre calibré de "coup de tabac" à "ouragan" pour qu'il soit lisible.
Dernière en date après celle de Komati faisant la nique aux évêques sur l'occupation outrancière du centre-ville de Beyrouth, celle de l'incroyable Arslane décrétant que "tout est préférable à un Président du 14 mars". Peut-on savoir ce que "tout" englobe? Si les mots ont encore un sens, en ont-il un autre que d'être une menace sur une possibilité de résultat - à mon avis logique dans le système actuel - d'une consultation démocratique?
Faut-il interroger, voire coffrer d'abord puis interroger ensuite de tels lascars sur ce qu'ils savent des assassinats de députés du "14 mars"?
